mardi 25 novembre 2014

Le bonheur national brut

François Roux

Albin Michel



Quatrième de couverture:

10 mai 1981, François Mitterrand est élu, la France bascule à gauche, saisie d émoi. 
Pour Paul, Rodolphe, Benoît et Tanguy, dix-sept ans à peine, pas encore le bac en poche, tous les espoirs sont permis, même au fin fond de leur province bretonne. Vivre son homosexualité au grand jour et monter à Paris pour Paul ; embrasser une carrière politique pour Rodolphe ; devenir photographe pour Benoît, fils d agriculteurs ; suivre la voie de Bernard Tapie pour Tanguy. Trente-et-un ans plus tard, que reste-t-il de leurs rêves, au moment où le visage de François Hollande s affiche sur les écrans de télévision ?

Le bonheur national brut dresse, à travers le destin croisé de quatre amis d’enfance, la fresque sociale, politique et affective de la France de ces trois dernières décennies. Roman d’apprentissage, chronique générationnelle : François Roux réussit le pari de mêler l’intime à l’actualité d’une époque, dont il restitue le climat avec une sagacité et une justesse percutantes.


J'en pense quoi?

Gérard Collard avait fait une critique positive de ce roman dans une chronique sur la chaîne de sa librairie La griffe noire: lesdeblogueurs.tv et l'avait comparé au livre de Jean-Michel Guenassia, Le club des incorrigibles optimistes paru en 2009, un livre que j'avais adoré. 
Je me suis donc jetée sur ce livre plein de promesses et dès les premières pages j'ai été conquise que ce soit par le contexte, l'histoire ou l'écriture de son auteur.

En ce qui concerne le contexte, le livre commence en mai 1981, en Bretagne, le jour des élections présidentielles qui verront la gauche se hisser à la tête du pays avec à sa tête François Mitterrand et se termine avec l'élection de François Hollande aux élections présidentielles de 2012. 
L'auteur nous plonge avec succès dans les années 80, en traitant des sujets de l'époque comme ils étaient abordés alors: le Sida, l'homosexualité, le communisme, le chômage, les études... et par de petits détails qui font la différence: Antenne 2, les Craven A...

L'histoire est celle de quatre amis, issus de milieux familiaux, sociaux différents et aux personnalités contrastées. Chacun porte en lui des rêves, des espoirs quant à son avenir. Chacun porte également en lui une blessure, un manque, une faiblesse. 
Le lecteur va suivre ces quatre jeunes adultes du baccalauréat jusqu'à la fin de leurs études dans un premier temps pour les retrouver ensuite trente ans plus tard, devenus hommes, dans une vie active plus ou moins épanouissante et plus ou moins réussie. 
Ont-ils accomplis leurs rêves? Leurs espoirs ont-ils été satisfaits ou bien déçus?

L'écriture et savoureuse! François Roux nous montre qu'il a du vocabulaire, il utilise le mot juste sans intellectualiser son récit et perdre en légèreté. Certaines phrases sont si bien écrites qu'elles vous font faire une pause dans votre lecture, vous font revenir en arrière afin de simplement vous délecter de la sonorité des mots et pas seulement de leurs sens. 
Il manie également l'humour avec subtilité.

Ainsi, j'ai beaucoup apprécié cette lecture à tous points de vues. J'ai tout de même une petite préférence pour la première partie, celle qui se déroule dans les années 80, par rapport à la seconde que j'ai trouvé poins riche au niveau de l'intrigue et donc un peu plus monotone.


Citations:

"De la même manière que j'avais raté Mai 68 à cause de mon jeune âge je raterais ce 10 mai 1981 et quantité d'autres mais à venir, toujours pour d'excellentes raisons. Au fil des années cela constituerait d'ailleurs l'une des caractéristiques de mon tempérament que de me situer constamment hors champs des événements marquants du monde, du mien comme de celui des autres."

"Il faisait partie de ces gens qui n'ont jamais véritablement connu d'échec et qui en conséquence ne savent pas goûter à sa juste mesure le plaisir d'une victoire."

"Les années vous débarrassaient de l'inconstance et de la précarité naturelles de l'adolescence. Elles vous sculptaient un visage neuf qui n'était pas tant l'empreinte du temps que la véhémente affirmation de ce qui se dissimulait sous les apparences et l'abandon de l'inutile au profit de l'essence même de l'être. On ne vieillissait que pour devenir ce que l'on était déjà, au plus profond de soi"

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