Sophie Brocas
Julliard
Quatrième de couverture:
" Je rejoins Maman dans la maison fraîche. Elle poursuit son patient travail de tri : le tas des choses à jeter, le tas des choses à conserver, le tas des choses pour lesquelles on verra plus tard. Qu'est-ce qu'il m'a pris de me mettre à quatre pattes pour regarder sous la grande armoire ? Ma main a tiré à elle une énième boîte à chaussures. J'ai soufflé la pellicule de poussière qui recouvrait son couvercle avant de le soulever. "
Réunies durant quelques jours à la campagne à l'occasion des funérailles de leur aïeule et amie, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. La jeune Lia découvre par inadvertance un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans. Ces révélations risquent-elles de déclencher un cataclysme au sein de cette tribu très attachante ? Roman initiatique, Le Cercle des femmes explore avec délicatesse les mécanismes inconscients de transmission de mères en filles et nous offre une galerie de personnages aussi touchants que fantasques.
J'en pense quoi?
Sophie Brocas nous offre un huis clos familial, intergénérationnel et exclusivement féminin autour de la découverte d'un secret de famille suite au décès de l'arrière-grand-mère.
Ce secret c'est en fait répercuté sur les générations suivantes et a eu des conséquences sur la vision qu'on les femmes de cette famille sur les hommes, l'amour, le couple. Suite à la découverte de ce secret,la parole de ces femmes va se délier, elles vont exprimer leurs craintes, leurs blessures, leurs regrets et se libérer du poids de leur propre passé comme de celui de leur aïeule.
J'ai trouvé cette lecture agréable mais pas inoubliable.
C'est un livre court, moins de 200 pages, dont le sujet principal concerne le secret familial où la psychologie des personnages aurait peut-être pu être un peu plus approfondie.
Citations:
"Leur horizon dépassait rarement les limites des cantons. Le monde tournait trop vite pour eux. Les tensions géopolitiques de la planète, les extravagances de la décennie leur étaient incompréhensibles. Ils se sentaient d'un autre temps. Enfants du siècle passé, travailleurs acharnés pour offrir à leurs enfants une vie meilleure, ils acceptaient leur vieillesses avec une évidence sereine. Les variations du temps, l'éclosion des fleurs, les gelées précoces, le craquement du petit bois dans l'âtre, leurs souvenirs, suffisaient à leur intérêt."
"_ Elle a été une arrière grand-mère très tendre avec ti, bien plus qu'elle ne l'a été avec moi, poursuit Maman. J'ai toujours été stupéfaite de constater combien combien elle devenait espiègle à ton contact. C'est étrange, la vie. Elle a été sévère avec sa propre fille. Avec moi, elle aura été une grand-mère exigeante et fière à la fois. Ce n'est qu'avec ta naissance qu'elle s'est autorisé la tendresse. Une question d'âge sans doute."
"Comparée à ces temps héroïques, ma vie risque d'être bien terne, cadrée par une autre dictature: celle de la consommation, de la possession matérielle. A côté de ce qu'ont vécu Mamie Alice et Marie, j'ai l'impression d'appartenir à une génération sans idéal politique, sans bataille collective,sans valeurs à conquérir. Seules les victoires individuelles comptent. Elles écrasent les projets partagés parce que les droits de chaque individu sont présentés comme le nec plus ultra de la démocratie."
"Mon arrière-grand-mère avait été une jeune femme, avec des désirs et des tourments. Elle avait eu une vie de femme. Jamais je n'avais envisagé ainsi cette vieille dame. [...] Et voilà que, à peine morte, l'exhumation de ses souvenirs la rend plus vivante que jamais. Voilà que à peine enterrée, c'est sa correspondance intime qui l'incarne dans sa pleine féminité. La vieille dame est devenue jeune femme."
Citations:
"Leur horizon dépassait rarement les limites des cantons. Le monde tournait trop vite pour eux. Les tensions géopolitiques de la planète, les extravagances de la décennie leur étaient incompréhensibles. Ils se sentaient d'un autre temps. Enfants du siècle passé, travailleurs acharnés pour offrir à leurs enfants une vie meilleure, ils acceptaient leur vieillesses avec une évidence sereine. Les variations du temps, l'éclosion des fleurs, les gelées précoces, le craquement du petit bois dans l'âtre, leurs souvenirs, suffisaient à leur intérêt."
"_ Elle a été une arrière grand-mère très tendre avec ti, bien plus qu'elle ne l'a été avec moi, poursuit Maman. J'ai toujours été stupéfaite de constater combien combien elle devenait espiègle à ton contact. C'est étrange, la vie. Elle a été sévère avec sa propre fille. Avec moi, elle aura été une grand-mère exigeante et fière à la fois. Ce n'est qu'avec ta naissance qu'elle s'est autorisé la tendresse. Une question d'âge sans doute."
"Comparée à ces temps héroïques, ma vie risque d'être bien terne, cadrée par une autre dictature: celle de la consommation, de la possession matérielle. A côté de ce qu'ont vécu Mamie Alice et Marie, j'ai l'impression d'appartenir à une génération sans idéal politique, sans bataille collective,sans valeurs à conquérir. Seules les victoires individuelles comptent. Elles écrasent les projets partagés parce que les droits de chaque individu sont présentés comme le nec plus ultra de la démocratie."
"Mon arrière-grand-mère avait été une jeune femme, avec des désirs et des tourments. Elle avait eu une vie de femme. Jamais je n'avais envisagé ainsi cette vieille dame. [...] Et voilà que, à peine morte, l'exhumation de ses souvenirs la rend plus vivante que jamais. Voilà que à peine enterrée, c'est sa correspondance intime qui l'incarne dans sa pleine féminité. La vieille dame est devenue jeune femme."
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