mardi 2 décembre 2014

Mon année Salinger / L'attrape-coeurs

Joanna Smith Rakoff

Albin Michel





















Quatrième de couverture:


Joanna, fraîchement sortie de la fac, est miraculeusement embauchée dans une agence littéraire sur Madison Avenue à New York. L agence a pignon sur rue, mais son salaire est dérisoire.

Elle découvre bientôt que la tâche la plus délicate et la plus importante de son travail consiste à répondre par une lettre-type aux innombrables lettres de fans adressées à un certain Jerry, un des clients prestigieux. Un homme sourd qui vit en reclus et parle fort, dont chaque appel déclenche à l agence une véritable tornade. Un homme qui est en fait le grand écrivain américain Salinger...

Malgré les risques qu elle prend en répondant personnellement à certains fans dont les lettres l émeuvent et la poussent à s intéresser à l oeuvre de Salinger, elle parvient petit à petit à progresser dans ce monde littéraire qui la fascine, à comprendre qui elle est et ce qu elle veut de son existence professionnelle mais aussi amoureuse...





J'en pense quoi?


Tout d'abord, ce livre n'est pas un roman mais un récit. Il retrace la première expérience professionnelle de l'auteur elle-même, au sein d'une agence littéraire à New-York, dans les années 9, lorsqu'elle termine ses études de lettres.
Le début du livre m'a vaguement fait penser au "Diable s'habille en Prada", dans le sens où Joanna jeune diplômée trouve un premier emploi au sein d'une agence littéraire à New York qui représente notamment le célèbre Salinger. Mais elle aspire à bien plus, à savoir, devenir elle-même écrivain. Tout comme l'héroïne du "Diable s'habille en Prada" qui rêve de devenir journaliste et qui entre comme simple assistante dans un magazine de mode célèbre mais bien loin de ses aspirations!
Si le début m'a emballée, j'ai trouvé que ça manquait quand même de matière sur la longueur. On a vite fait le tour du sujet: son boulot qui consiste à taper des réponses types aux admirateurs de Salinger, des échanges téléphoniques, somme toute assez bref avec Mr Salinger en personne, (enfin sa voix) et une vie de couple plutôt monotone avec un écrivain raté dans un appartement miteux...
Et voilà LE problème, selon moi, c'est que justement on en reste plus ou moins là...certes, il y a un semblant de dénouement sur les toutes dernières pages mais ce n'est pas suffisant à mon goût. Avec le recul j'ai cette impression assez désagréable que Salinger n'a été qu'un outil, un prétexte, un faire-valoir pour la communication de ce livre et çà, ça me dérange!

L'avantage, pour moi de ce livre fut de m'amener à combler une lacune en me conduisant à lire Salinger et notamment son livre le plus connu à savoir "L'attrape coeur".


Citation:

"Il s'entourait de bouffons -les êtres brisés, les ratés ou les demi-ratés, les malheureux et les désorientés- pour pouvoir être leur roi. Ce qui, évidemment, ne faisait de lui que le roi des bouffons.
Mais qu'est-ce que cela faisait de moi?"


L'attrape cœur

J.D Salinger

Pocket




Quatrième de couverture:

Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, "L'attrape-coeurs", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.


J'en pense quoi?

J'entends d'ici les cris indignés mais franchement, j'ai trouvé cette lecture fastidieuse. 
Tout d'abord, le style est assez particulier, c'est un style parlé avec un vocabulaire parfois familier. Certes, Salinger retranscrit très bien, je pense, la manière dont s'exprime un garçon de 16 ans à l'époque, mais pour moi c'était pénible à lire.
Ensuite, les pensées, le ressenti, le quotidien de cet adolescent en fugue m'a vite lassé. Il est en décrochage scolaire, rien ne l’intéresse, tout le monde à l'air de l'agacer, il boit, il fume, semble ne pas avoir de véritables amis, il est mal dans sa peau, déprimé sans vraiment savoir pourquoi; bref il est perdu, et n'arrive pas à trouver sa place dans ce monde. Le sujet intéresse peut-être davantage lorsque le lecteur a le même âge que le narrateur, ainsi, peut-être le fait d'avoir passé le cap des boutons, des premiers amours et du déchaînement d'hormones, font que l'on peut passer à côté de ce livre et y trouver plus d'ennui que d'intérêt.


Citations:

"Stradler il faisait toujours ça. Il voulait qu'on se figure qu'il était nul en dissert' pour la seule et unique raison qu'il mettait pas les virgules au bon endroit."

"J'arrive pas toujours à prier quand j'en ai envie. D'abord je suis en quelque sorte un athée. J'aime bien Jésus et tout mais je suis pas très intéressé par tout le reste qu'on trouve dans la Bible. Par exemple, prenez les Disciples. Ils m'énervent, si vous voulez savoir. Après la mort de Jésus ils se sont bien conduits mais pendant qu'il vivait ils lui ont été à peu près aussi utiles qu'un cataplasme sur une jambe de bois. Ils ont pas cessé de le laisser tomber. Dans la Bible, j'aime presque tout le monde mieux que les Disciples."

"Si vous voulez savoir,j'aime pas beaucoup le théâtre. C'est pas aussi dégueulasse que le cinéma mais y a vraiment pas de quoi s'extasier."

"On a un peu flirté dans le taxi qui nous emmenait au théâtre. D'abord elle voulait pas bicause elle avait du rouge à lèvres et tout, mais je faisais ça vraiment au séducteur et elle avait pas le choix. Deux fois, quand le taxi a dû s'arrêter brusquement bicause la circulation je suis presque tombé de mon siège. Ces salopards de chauffeurs de taxi ils regardent jamais où ils vont, je vous jure."










Miss Alabama et ses petits secrets suivi de Beignets de tomates vertes

Fannie Flagg

Le Cherche midi



Quatrième de couverture:

Après l'immense succès du livre et du film Beignets de tomates vertes, le nouveau roman de Fannie Flagg. 

Birmingham, États-Unis. Ex-Miss Alabama, Maggie Fortenberry a pris une grande décision : elle va mettre fin à ses jours. Elle n'est ni malade ni déprimée, son travail dans une petite agence immobilière est plutôt agréable, mais elle a trouvé malgré tout seize bonnes raisons d'en finir, la principale étant peut-être que, à 60 ans, elle pense avoir connu le meilleur de la vie. Maggie a donc arrêté la date de sa mort et se consacre désormais en toute discrétion à en régler les détails. Or, peu de temps avant de passer à l'acte, Maggie est invitée par une collègue, Brenda, à un spectacle de derviches tourneurs. La représentation étant dans moins d'une semaine, elle décide, pour faire plaisir à Brenda, de retarder l'ultime échéance. Elle est alors loin de se douter combien les jours à venir vont être riches en secrets dévoilés et en événements imprévus, lesquels vont lui montrer que l'existence a encore beaucoup plus à lui offrir qu'elle ne le croyait. 

Fannie Flagg nous donne un roman au charme fou, peuplé de personnages plus attachants les uns que les autres – Brenda, ses problèmes de poids et ses ambitions politiques, Ethel, la patronne de l'agence immobilière qui, à 88 ans, ne veut pas passer la main, etc. Le sort de cette petite communauté de femmes, et celui de Maggie en particulier, est le prétexte à une lecture qui vous fera passer du rire aux larmes.


J'en pense quoi?

Tout d'abord, j'ai lu ce roman sans avoir jamais lu "Beignets de tomates vertes" de la même auteur, un livre qui pourtant semble incontournable, donc malgré mon avis mitigé sur Miss Alabama, je me suis dit qu'il me fallait combler cette lacune d'où le fait d'avoir regroupé ces deux titres dans un seul et même article.

Les chapitres sont brefs et s’enchaînent rapidement voire trop rapidement mais il faut attendre la page 43 pour que l'histoire se réveille. 
Je n'ai pas trouvé les personnages particulièrement attachants, l'histoire principale est assez monotone et est supplanté par l'histoire secondaire.
Une lecture tout de même agréable mais sans plus.

J'ai lu
















Quatrième de couverture:


Au sud de l'Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d'une voie ferrée... Ninny, quatre-vingt-six ans, se souvient et raconte à Evelyn les histoires incroyables de Whistle Stop. Et Evelyn qui vit très mal l'approche de la cinquantaine et sa condition de femme rangée, découvre un autre monde. Grâce à l'adorable vieille dame, elle peut enfin se révéler, s'affirmer... Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d'humour. Un baume au coeur, chaud et sucré.


Mon avis:

Mon avis sur ce roman est assez identique à "Miss Alabama et ses petits secrets"  à savoir que les chapitres s'enchaînent rapidement. La structure du récit est relativement identique, il oscille entre des périodes passé et le présent. La multiplicité des personnages rend parfois l'histoire un peu difficile à suivre. L'histoire d'Evelyn selon moi n'apporte pas grand chose au roman.
Bref, une lecture agréable une fois de plus mais pas assez un peu trop superficielle pour se démarquer et rester en mémoire.


Citation:

"Elle était restée vierge de peur qu'on ne la traite de putain; elle s'était mariée par crainte de l’appellation <<vieille fille>>; elle avait feint l'orgasme, redoutant de passer pour frigide; elle avait eu des enfants pour ne pas être accusée de stérilité; elle n'avait pas été féministe pour éviter l’épithète de lesbienne...


Le film





















Mon avis:

Comme toutes les adaptations, le film est bien plus concis que le livre et je trouve qu'il ne retranscrit pas fidèlement la relation ambiguë entre Iggy et Ruth. De plus certains personnages ne sont pas assez  mis en valeur dans le film. 
De mon point de vue, il est toujours délicat de comparer le livre avec son adaptation,  un livre est forcément plus détaillé et le lecteur se fait sa propre idée de l'atmosphère, des personnages.... De manière globale, le film est assez fidèle au livre et retrace plutôt bien la vie un peu "retranchée" de ce restaurant.

Le cercle des femmes

Sophie Brocas


Julliard





















Quatrième de couverture:


" Je rejoins Maman dans la maison fraîche. Elle poursuit son patient travail de tri : le tas des choses à jeter, le tas des choses à conserver, le tas des choses pour lesquelles on verra plus tard. Qu'est-ce qu'il m'a pris de me mettre à quatre pattes pour regarder sous la grande armoire ? Ma main a tiré à elle une énième boîte à chaussures. J'ai soufflé la pellicule de poussière qui recouvrait son couvercle avant de le soulever. " 



Réunies durant quelques jours à la campagne à l'occasion des funérailles de leur aïeule et amie, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. La jeune Lia découvre par inadvertance un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans. Ces révélations risquent-elles de déclencher un cataclysme au sein de cette tribu très attachante ? Roman initiatique, Le Cercle des femmes explore avec délicatesse les mécanismes inconscients de transmission de mères en filles et nous offre une galerie de personnages aussi touchants que fantasques.





J'en pense quoi?

Sophie Brocas nous offre un huis clos familial, intergénérationnel et exclusivement féminin autour de la découverte d'un secret de famille suite au décès de l'arrière-grand-mère.
Ce secret c'est en fait répercuté sur les générations suivantes et a eu des conséquences sur la vision qu'on les femmes de cette famille sur les hommes, l'amour, le couple. Suite à la découverte de ce secret,la parole de ces femmes va se délier, elles vont exprimer leurs craintes, leurs blessures, leurs regrets et se libérer du poids de leur propre passé comme de celui de leur aïeule.

J'ai trouvé cette lecture agréable mais pas inoubliable. 
C'est un livre court, moins de 200 pages, dont le sujet principal concerne le secret familial où la psychologie des personnages aurait peut-être pu être un peu plus approfondie.


Citations:

"Leur horizon dépassait rarement les limites des cantons. Le monde tournait trop vite pour eux. Les tensions géopolitiques de la planète, les extravagances de la décennie leur étaient incompréhensibles. Ils se sentaient d'un autre temps. Enfants du siècle passé, travailleurs acharnés pour offrir à leurs enfants une vie meilleure, ils acceptaient leur vieillesses avec une évidence sereine. Les variations du temps, l'éclosion des fleurs, les gelées précoces, le craquement du petit bois dans l'âtre, leurs souvenirs, suffisaient à leur intérêt."

"_ Elle a été une arrière grand-mère très tendre avec ti, bien plus qu'elle ne l'a été avec moi, poursuit Maman. J'ai toujours été stupéfaite de constater combien combien elle devenait espiègle à ton contact. C'est étrange, la vie. Elle a été sévère avec sa propre fille. Avec moi, elle aura été une grand-mère exigeante et fière à la fois. Ce n'est qu'avec ta naissance qu'elle s'est autorisé la tendresse. Une question d'âge sans doute."

"Comparée à ces temps héroïques, ma vie risque d'être bien terne, cadrée par une autre dictature: celle de la consommation, de la possession matérielle. A côté de ce qu'ont vécu Mamie Alice et Marie, j'ai l'impression d'appartenir à une génération  sans idéal politique, sans bataille collective,sans valeurs à conquérir. Seules les victoires individuelles comptent. Elles écrasent les projets partagés parce que les droits de chaque individu sont présentés comme le nec plus ultra de la démocratie."

"Mon arrière-grand-mère avait été une jeune femme, avec des désirs et des tourments. Elle avait eu une vie de femme. Jamais je n'avais envisagé ainsi cette vieille dame. [...] Et voilà que, à peine morte, l'exhumation de ses souvenirs la rend plus vivante que jamais. Voilà que à peine enterrée, c'est sa correspondance intime qui l'incarne dans sa pleine féminité. La vieille dame est devenue jeune femme."

mardi 25 novembre 2014

L'instant précis où les destins s'entremêlent

Angélique Barbérat

Robert Lafon




Quatrième de couverture:

Une tache rouge sur l’oreiller, juste sous les cheveux de sa maman, morte sous les coups de son mari. Voilà ce que le petit garçon a vu, à cinq ans… Pour survivre, Kyle se jette à coeur perdu dans la musique, que sa mère aimait tant. Vingt ans après, devenu leader d’un groupe de rock, il est célèbre dans le monde entier. Mais inapte au bonheur.
Coryn, elle, a grandi dans une banlieue sans charme. À dix-sept ans, elle tombe dans les bras de Jack Brannigan, qui fou amoureux l’épouse, mais, jaloux et violent, l’enferme dans une prison dorée, « Parce que tu m’appartiens… »
Comment ces deux êtres que tout semble séparer auraient-ils la moindre chance de s’aimer ? Pourtant, à l’instant précis où les destins s’entremêlent, chacun d’eux sait que sa vie ne sera plus jamais la même.


J'en pense quoi?

Angélique Barbérat aborde dans ce roman un sujet délicat: les violences conjugales.
Pour moi, l'auteur a su retranscrire avec brio ce qu'une femme peut ressentir lorsqu'elle est battue, soumise à son mari. Le lecteur arrive à imaginer l'angoisse, la crainte, la peur qui envahit Coryn lorsqu'elle entend le véhicule de son mari se garer devant la maison, cet instant où le cœur semble s'arrêter, où le souffle se coupe... On en arrive à avoir peur pour elle, à ressentir cette tension nerveuse. Pour arriver à transmettre un tel réalisme à travers un roman, je pense qu'il faut avoir un indéniable talent d'écrivain! 

Malheureusement, le récit m'a déçu lorsqu'il a perdu de son réalisme en devenant un peu trop mélodramatique. Je pense qu'en tension dramatique, le sujet des femmes battues avec, en premier lieu la mort de la mère de Kyle et ensuite l'histoire du mariage de Coryn était suffisant. Ajouter à cela un amour impossible, une maladie incurable et l'histoire prend un tournant un peu trop tragique.


Citation:

"Car la jeune fille adorait lire. Toutes ces histoires qui la traversaient l'empêchaient de penser à sa propre vie. A tous ces jours qui se ressemblaient et qui seraient indéfiniment identiques."

Le bonheur national brut

François Roux

Albin Michel



Quatrième de couverture:

10 mai 1981, François Mitterrand est élu, la France bascule à gauche, saisie d émoi. 
Pour Paul, Rodolphe, Benoît et Tanguy, dix-sept ans à peine, pas encore le bac en poche, tous les espoirs sont permis, même au fin fond de leur province bretonne. Vivre son homosexualité au grand jour et monter à Paris pour Paul ; embrasser une carrière politique pour Rodolphe ; devenir photographe pour Benoît, fils d agriculteurs ; suivre la voie de Bernard Tapie pour Tanguy. Trente-et-un ans plus tard, que reste-t-il de leurs rêves, au moment où le visage de François Hollande s affiche sur les écrans de télévision ?

Le bonheur national brut dresse, à travers le destin croisé de quatre amis d’enfance, la fresque sociale, politique et affective de la France de ces trois dernières décennies. Roman d’apprentissage, chronique générationnelle : François Roux réussit le pari de mêler l’intime à l’actualité d’une époque, dont il restitue le climat avec une sagacité et une justesse percutantes.


J'en pense quoi?

Gérard Collard avait fait une critique positive de ce roman dans une chronique sur la chaîne de sa librairie La griffe noire: lesdeblogueurs.tv et l'avait comparé au livre de Jean-Michel Guenassia, Le club des incorrigibles optimistes paru en 2009, un livre que j'avais adoré. 
Je me suis donc jetée sur ce livre plein de promesses et dès les premières pages j'ai été conquise que ce soit par le contexte, l'histoire ou l'écriture de son auteur.

En ce qui concerne le contexte, le livre commence en mai 1981, en Bretagne, le jour des élections présidentielles qui verront la gauche se hisser à la tête du pays avec à sa tête François Mitterrand et se termine avec l'élection de François Hollande aux élections présidentielles de 2012. 
L'auteur nous plonge avec succès dans les années 80, en traitant des sujets de l'époque comme ils étaient abordés alors: le Sida, l'homosexualité, le communisme, le chômage, les études... et par de petits détails qui font la différence: Antenne 2, les Craven A...

L'histoire est celle de quatre amis, issus de milieux familiaux, sociaux différents et aux personnalités contrastées. Chacun porte en lui des rêves, des espoirs quant à son avenir. Chacun porte également en lui une blessure, un manque, une faiblesse. 
Le lecteur va suivre ces quatre jeunes adultes du baccalauréat jusqu'à la fin de leurs études dans un premier temps pour les retrouver ensuite trente ans plus tard, devenus hommes, dans une vie active plus ou moins épanouissante et plus ou moins réussie. 
Ont-ils accomplis leurs rêves? Leurs espoirs ont-ils été satisfaits ou bien déçus?

L'écriture et savoureuse! François Roux nous montre qu'il a du vocabulaire, il utilise le mot juste sans intellectualiser son récit et perdre en légèreté. Certaines phrases sont si bien écrites qu'elles vous font faire une pause dans votre lecture, vous font revenir en arrière afin de simplement vous délecter de la sonorité des mots et pas seulement de leurs sens. 
Il manie également l'humour avec subtilité.

Ainsi, j'ai beaucoup apprécié cette lecture à tous points de vues. J'ai tout de même une petite préférence pour la première partie, celle qui se déroule dans les années 80, par rapport à la seconde que j'ai trouvé poins riche au niveau de l'intrigue et donc un peu plus monotone.


Citations:

"De la même manière que j'avais raté Mai 68 à cause de mon jeune âge je raterais ce 10 mai 1981 et quantité d'autres mais à venir, toujours pour d'excellentes raisons. Au fil des années cela constituerait d'ailleurs l'une des caractéristiques de mon tempérament que de me situer constamment hors champs des événements marquants du monde, du mien comme de celui des autres."

"Il faisait partie de ces gens qui n'ont jamais véritablement connu d'échec et qui en conséquence ne savent pas goûter à sa juste mesure le plaisir d'une victoire."

"Les années vous débarrassaient de l'inconstance et de la précarité naturelles de l'adolescence. Elles vous sculptaient un visage neuf qui n'était pas tant l'empreinte du temps que la véhémente affirmation de ce qui se dissimulait sous les apparences et l'abandon de l'inutile au profit de l'essence même de l'être. On ne vieillissait que pour devenir ce que l'on était déjà, au plus profond de soi"